Peyrolles en Provence


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Patrimoine

Tourisme

LE CHATEAU DU ROI RENE


Historique :
La première construction féodale 12ème siècle fut un château de petites dimensions. Les parties les plus anciens visibles remontent au 13ème siècle, à l'époque où les archevêques d'Aix-en-Provence en étaient les propriétaires. Le château devient, par échange, propriété du Roi René de 1475 à 1480. La forteresse d'alors se transforme en résidence d'agrément. En 1480, à la mort du roi René, puis de son neveu en 1481, c'est le roi de France qui en hérite. Devenu propriété royale, le château est administré par des officiers royaux et donc très peu entretenu. Au 17ème siècle, François-Marie de Cazeneuve en obtient la jouissance et entreprend alors d'importants travaux qui donneront son aspect actuel au château. Par la suite, l'édifice est cédé par Louis XIV au baron d'Oppède qui le revendra à la famille de Laurens en 1682.Successivement racheté, le château est finalement vendu en partie à la commune qui y installe la mairie et les écoles 1864, et à divers particuliers.

Description :
Les bâtiments actuels datent pour la plupart du 18ème siècle. De l'époque médiévale subsistent un mur de défense sur la terrasse est (ouvrage épais de 1,54 m, exceptionnel en Provence) et une tour carrée à l'ouest. Dans le village on peut encore admirer des vestiges de l'ancienne muraille médiévale : une tour ronde (près de l'église) et le grand portail une porte encadrée de deux fontaines surmontée d'un campanile sur la place Albert Laurent, restauré au 18ème siècle. D'une construction imposante, l'entrée du château est constituée d'un portail monumental à arcade. En passant sous ce portail, on remarquera à gauche, au-dessus de la porte, une paire de ciseaux peint sur la pierre : il s'agissait sans doute de l'officine du coiffeur barbier. Le portail s'ouvre sur une vaste cour de 25 m sur 50 m autour de laquelle s'agencent les ailes du château et le corps central.
1. Corps central :
Imposant, sa façade est de style classique. La pierre de taille utilisée est un grès à liant calcaire dur, extrait dans la carrière située à 2 km du village, exploitée jusqu'en 1930. La toiture, restaurée récemment, se constituait de grandes tuiles de 77 cm de long et épaisses de 3 cm environ, façonnées à la main. Des archives de 1668 indiquent qu'une partie du toit était constituée de tuiles vernissées. Il y a superposition d'ordres : Au rez-de-chaussée des arcades, au 1er étage des fenêtres inscrites dans une travée de pilastres de style dorique, le dernier étage appelé attique, constitué de petites fenêtres.
Les ailes sont en retour d'équerre (à angle droit). 2. Les ailes :
" Sur l'aile sud, on retrouve les ouvertures en arcades où se trouvaient les écuries et les cuisines. Cette aile est très classique et dépourvue de toute décoration intérieure.
" L'aile nord comprenait des appartements à l'étage, de grandes cuisines au rez-de-chaussée et du temps du Roi René, il existait une immense cheminée (5m de long) qui malheureusement a disparu. A l'extrême ouest de cette aile se trouvaient aussi 1es appartements des domestiques.
" Passé le corps central, on se retrouve sur la terrasse est. Ici, à droite, une statue du 18ème siècle représente Milon de Crotone, gladiateur combattant un lion. Cette statue repose sur une ancienne fontaine en pierre de pays. Derrière, on aperçoit une partie de l'ancienne muraille médiévale. A droite, la tour carrée a servi autrefois de prison.
A l'intérieur :
De nombreuses décorations habillent les murs et plafonds des anciens appartements. Ces décors se présentent pour la plupart sans polychromie et furent simplement traités à la cire par couches successives et lustrées.
Dans l'actuelle salle des adjoints, au 1er étage de l'aile nord, le décor est très riche en gypseries qui représentent des pilastres à fûts crénelés d'ordre composite (Chapiteaux décorés de feuilles d'acanthes et de volutes), des frises et corniches ornées : anges, tableau représentants des personnages en habit romain. La pièce suivante vaut un arrêt sur sa terrasse, située au nord du château, elle donne une vue panoramique sur la vallée de la Durance, le Luberon, et, à l'est, on devine le défilé de Mirabeau. Par cette terrasse, on accède à une salle où les nombreuses décorations, dont certaines ont été peintes ultérieurement, sont les plus belles du château.
Le plafond est entouré d'une frise à fond bleu-gris décrivant des scènes enfantines. Au fond de la salle, il y a des enfants qui jouent à colin-maillard, à droite, ils tentent de dresser un âne, à gauche, deux enfants brandissent un masque de lion pour en effrayer trois autres, et au-dessus de la porte, ils jouent aux soldats (on reconnaît aisément un canon et une arme à feu). Apparemment ce sont tous des garçons et cela contraste avec les angles où la frise est décorée de bustes féminins. Le décor se compose également de " tableaux " dont deux représentants des gypseries peintes. Au-dessus de la cheminée de marbre noir, le " tableau " représente un vase et un bouquet de fleurs aux couleurs vives (jaune, rose, etc.) que porte une tête féminine ! Le tout est encadré de feuillages. A côté, au-dessus du placard, le décor est plus simple, il n'y a qu'une urne entourée également de feuilles peintes.
En face, le cadre décoré de gypseries monochromes se présente sur le même fond bleu-gris de la frise. Il s'agit d'une marmite, posée sur un feu, d'où s'échappent des volutes de vapeurs. Au bas du " tableau ", on aperçoit deux oiseaux. Enfin, au-dessus de la porte, un " tableau ", plus petit que les précédents, est constitué de deux branches feuillues nouées entre elles par une sorte de large corde. Dans la salle de réunion, le décor redevient plus sobre et se compose de pilastres d'ordre dorique (fûts lisses), sur les murs, des cadres devaient recevoir des tapisseries. Sous le roi René des tapisseries étaient brodées à Avignon. Le tout est complété par une corniche et un dessus de porte.
Toutes ces décorations ont été commandées en 1774 par le Président de Laurens et effectuées par les sculpteurs en plâtre Rimbaud et Sauvin. Ces gypseries sont réalisées à l'aide d'un mortier de chaux et de plâtre, accompagné d'une charge pouzzolane (roche siliceuse éruptive) ou d'argile. Au mélange est ajoutée une sorte de colle pour assouplir le plâtre et en faciliter le modelé et la sculpture. Le gypse est un minéral constitué de sulfate de calcium hydraté par l'évaporation d'une eau lagunaire lacustre ou de nappe souterraine. Sa déshydratation complète par chauffage produit le plâtre.
Toujours à cet étage de l'aile nord, dans les appartements occupés par les bureaux du maire, les décors sont différents. On retrouve, dans le bureau du secrétaire, des médaillons représentant les armoiries de Peyrolles, une cheminée en marbre gris du 18ème siècle et dans le bureau du maire, une cheminée en marbre gris avec une horloge et deux candélabres en bronze doré.
A côté est exposée une tête en marbre découverte par M. Bernard Poyet et offerte au chanoine André près de la chapelle Notre-Dame d'Astors, située à 3 km du village, près du canal EDF.
Cette tête dite de Bacchus, dieu romain du vin, est en fait celle de Pomone, nymphe romaine qui veille sur les fruits. En marbre du Pentélique, cette tête de femme date du 1er siècle. De la terrasse du bureau de M le Maire, il y a une très belle vue sur le Concors et la vallée de la Durance.
On accède ensuite dans la salle des mariages agrémentée elle aussi d'une cheminée en marbre rose sur laquelle ont été déposés un cartel et deux candélabres provenant de la Russie des Tsars.
Cheminée en marbre rose
Au mur, un tableau de Gabriel Guay, daté de 1877, représente " Latone et les paysans ". Ce tableau relate l'histoire de Latone : ici, elle porte dans ses bras ses jumeaux. Voulant les désaltérer, elle s'approche de la mare où des paysans travaillent. Ceux-ci refusent de la laisser boire et l'un d'entre eux brouille volontairement l'eau. Seulement ils ne savent pas que Latone est une déesse qui, pour se venger, les transformera en reptiles amphibiens, crapaud ou triton.

Classé Monument Historique.
D'abord possession des Archevêques d'Aix en Provence, le château devint par échange propriété du roi René de 1475 à 1480. Possession royale jusqu'au XVIIème siècle, il est ensuite vendu à des nobles de la région. Ces propriétaires successifs donnèrent au château son aspect actuel. Racheté en partie par la commune, en 1864, celle-ci y installe la mairie et les écoles. Constitué d'un corps central et de deux ailes qui s'agencent autour d'une vaste cour, l'édifice classique, est imposant. L'intérieur est vaste et décoré de gypseries, de tableaux et de très belles cheminées en marbre du XVIIIème siècle. Dès terrasse, la vue est panoramique : vallée de la Durance, le Luberon, défilé de Mirabeau et le massif du Condors…

LE ROI RENE


Souvent qualifié de " Bon roi René " c'est-à-dire brave, courageux.

En 1475, le Roi René qui désire la terre de Peyrolles, donne en échange à l'archevêque Olivier de Pennard , autrefois confesseur de la reine Jeanne de Laval, ses domaines de Graveson et d'Aups et quatre ans plus tard à la place d'Aups, le Clos du Roi touchant la ville d'Aix .
Peyrolles devient alors une des nombreuses résidences du Roi René qui entreprend des travaux pour " convertir et employer à parfaire ledit édifice ".
A la mort du Roi René , le domaine revient à son neveu Charles III du Maine qui décédant en 1481 lègue la Provence à son cousin Louis XI Roi de France.
En 1487, la Provence est définitivement unie à la France et la seigneurie de Peyrolles rattachée au domaine royal prend les armes de la couronne.
Administrée par un capitaine d'armes, elle va relever jusqu'en 1668 du pouvoir royal. (Dominique LARPIN. Le château de Peyrolles-en-Provence).

GROTTE AUX PALMIERS


Située sous le château, cette grotte était connue depuis longtemps par les Provençaux.
Au moyen-age ils s'en servaient de réserve (garde manger), puis pendant la guerre, d'abri en cas de bombardements.

La grotte a des dimensions modestes ; elle mesure 20 mètres de long sur 10 mètres de large.
Le plafond est entièrement constitué d'une dalle de tuf (roche tendre, sédimentaire, calcaire, caverneuse) d'une épaisseur de 3 mètres.
Elle s'avance sous les fondations du château et se termine sous sa cour.

Cette grotte, creusée dans le tuf est unique en Europe.

Elle renferme des fossiles remontant à l'époque tertiaire, soit 7 à 14 millions d'années.
En effet, on peut y observer que des troncs de palmiers, dont le bois a disparu, ont laissé leurs empreintes en forme de cônes imprimés dans l'épaisseur de la dalle de pierre, au niveau du plafond de la cavité et sur les parois.
La plus grande mesure 1 mètre de diamètre et 2 mètres de hauteur.

On dénombre, au total, 15 empreintes de tailles différentes, dont quelques unes sont bien marquées.
Dans la grotte existent quatre types d'empreintes de palmiers différentes.

Ces fossilisations sont les témoins, qu'à une époque, la Méditerranée baignait le cours actuel de la Durance.

Cette présence de palmiers laisse présumer que le climat de notre région était tropical à l'ére tertiaire, période où l'homme a fait son apparition.

D'autres fossiles sont également présents : il s'agit de fougères, bambous et roseaux, de feuilles et de tiges de différentes espèces.


SAINT SEPULCRE


Datée du XIIe siècle, classée, sa forme originale de croix grecque dénote une influence byzantine.

ORATOIRES


Au nombre de 6 : St-Marc, St-Joseph, Ste-Anne, Ste-Madeleine, Mère-de-Dieu et du Plan.

Ce dernier, classé, est le plus ancien de Provence: 1481, date qui correspond à la mort du Roi René et à l'annexion de la Provence à la France.

L'oratoire de la Mère-de-Dieu, encastré dans le mur d'une maison, porte des inscriptions latines gravées sur son pilier.


NOTRE DAME D'ASTOR


Historique


Différents éléments (des fragments de sculpture dont certains en ré-emploi, trois gros blocs de calcaire coquillier présentant des trous de louve) permettent d'attester une occupation antique à proximité immédiate de la chapelle.
La période médiévale n'est que très mal documentée par les sources écrites. La chapelle est datée des XIe s. ou XIIe s. grâce au " cintre de la porte d'entrée et par des arcades à baies géminées ", et si sa construction est également située aux XIIe-XIIIe s. par le service de l'Inventaire, la première mention relative à cette chapelle n'apparaît qu'au milieu du XVe s. et concerne " des travaux réalisés sous l'épiscopat de Mgr Grimaldi ".
En 1582, " l'église Notre Dame d'Astor dépend de la chapellenie Saint Ambroise, laquelle église est ruinée. . Cette mention semble pouvoir être à l'origine d'une datation de la construction de l'édifice au XVIe s. reprise par plusieurs auteurs. La voûte aurait été reconstruite au XVIIe s., selon le service de l'Inventaire, et une datation similaire est attribuée au premier état des enduits décorant l'intérieur et correspondant à une composition en trompe l'oeil associant notamment balustrades et tentures sur les murs et caissons sur les voûtes.
Dans son état actuel, la chapelle se présente comme un bâtiment orienté de plan rectangulaire de 16 m de long et 7 m de large, avec un chevet plat contre lequel est accolé un presbytère s'étendant sur 5 m.
Cette chapelle, à l'origine romane, est caractérisée par plusieurs reprises de maçonnerie en partie haute et est flanquée d'un ensemble de huit contreforts à l'époque moderne.

Les sépultures


Quatre sondages ont été répartis à l'ouest et au sud de l'édifice dans des zones susceptibles d'être terrassées lors des travaux d'assainissement. Tous ont livré des sépultures, attestant ainsi l'étendue et la variété des architectures des tombes.
Bien que toutes les tombes n'aient pas été ouvertes et que, par conséquent, on n'en connaisse qu'imparfaitement l'architecture intérieure, plusieurs séries homogènes se dégagent. Des sépultures construites, anthropomorphes, sont bâties au moyen de moellons et dalles, majoritairement de tuf, disposées verticalement, soigneusement agencées, et fermées à la tête et aux pieds par un moellon disposé transversalement.
Ces sépultures correspondent au type H ou 13 défini par Michel Colardelle et daté du XIIe s. ou du XIIIe s.

D'autres sépultures, maçonnées, ne peuvent être attribuées à un type précis, car non ouvertes. Le mortier utilisé incite cependant à les considérer comme chronologiquement très proches du type précédent.
Certaines tombes construites ont une couverture constituées de dallettes disposées bout à bout, sans liant. Enfin des architectures plus légères, cercueils, coffres de bois ou pleine terre sont un mode d'ensevelissement également attesté, bien que de façon plus limitée. Les deux seules tombes dont l'emplacement du crâne a été dégagé ont livré l'une un vase de type pégau et la seconde un couteau en fer. Ce récipient correspond à des types de pégaus mis au jour à Ganagobie ou Digne et datés du XIIe s.

Les élévations


Une première étude des élévations avant toute restauration des maçonneries a également été menée et a permis de distinguer les états médiévaux préservés des reprises d'élévation modernes ainsi que de proposer un plan initial de la chapelle.
Sur l'ensemble de l'édifice, la façade occidentale (entrée) est celle qui conserve le plus d'éléments architecturaux rattachables au Moyen Âge. Deux structures illustrent plus particulièrement cet état. Tout d'abord, la porte d'entrée est composée de piédroits en blocs taillés alternativement en calcaire coquillier et grès, le tout disposé en besace ; les joints sont fins et pleins. Les montants supportent un linteau en grès monolithe, sur lequel des traces de layage sont visibles, ainsi qu'un arc de décharge qui reprend l'alternance chromatique. Ce traitement décoratif est également utilisé pour la baie géminée dont les arcs en plein cintre reposent sur un chapiteau corinthien établie sur une pile cannelée. L'appareil médiéval est formé d'une alternance d'assises de moellons en boutisse et carreaux de tuf et autre mollasse ainsi que de différents calcaires. L'essentiel du parement est recouvert en partie centrale d'un enduit rendant illisible l'appareil originel. La mise en oeuvre des murs gouttereaux laisse apparaître quelques différences. La partie basse de la façade septentrionale est formée d'un petit appareil réglé de moellons équarris essentiellement de tuf et de calcaire coquillier. Le gouttereau sud présente également quelques assises disposées en épi. Enfin l'observation du mur de chevet conduit à penser que l'édifice originel était pourvu d'une abside semi-circulaire, conformément au plan de chapelle classiquement rencontré pour le style roman provençal. En effet, l'aspect du mur du chevet dont le parement est ondulant, la reprise totale de l'angle nord-est de la chapelle et surtout des traces d'arrachement de maçonnerie étayent cette hypothèse.
Les reconstructions du XVIe-XVIIe s. concernent pour l'essentiel les parties hautes de la chapelle, la mise en place de nouvelles baies (les ouvertures romanes ayant totalement disparu) et surtout la reprise totale du choeur avec la création du chevet plat. Ces travaux sont justifiés par l'état de ruine de la chapelle qui, en 1582, est signalée comme n'ayant que " quatre murs ". La restauration a dû être effectuée entre la fin du XVIe s. et la première moitié du XVIIe s.


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